L’anxiété des mathématiques est évaluée dans le cadre du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA). En 2003 et 2012, la France se trouvait parmi les pays de l’OCDE dont les élèves déclaraient la plus forte anxiété vis-à-vis des mathématiques. Ce n’est plus le cas en 2022, où la France se trouve dans la moyenne de l’OCDE concernant cet indicateur. Les filles sont toujours beaucoup plus anxieuses que les garçons en mathématiques.
Qu’est-ce que l’anxiété liée aux mathématiques ?
Le sujet de l’anxiété liée aux mathématiques a été étudié depuis les travaux de Richardson et Suinn au début des années 1970. Ce n’est pas une simple question d’amour ou de désamour pour la matière. Elle a été décrite comme un sentiment de tension et d’anxiété qui interfère avec la manipulation des nombres dans une grande variété de situations ordinaires de la vie quotidienne où les mathématiques jouent un rôle.
Les recherches montrent que l’anxiété liée aux mathématiques affecte les individus de tous âges, tant dans les situations scolaires que dans leur réussite et leur bien-être (Luttenberger et al 2018). Elle se manifeste dès les premières années d’école primaire. Elle nuit à la fois aux résultats scolaires et à l’apprentissage de cette matière.
Les causes de l’anxiété des mathématiques sont mal connues.
Une étude de Tomasetto et al., 2025 s’est penchée sur la question du rôle des parents dans le développement de l’anxiété mathématique chez leurs enfants. Les résultats montrent que l’angoisse des mathématiques n’est pas nécessairement transmise. Cependant, les enfants de parents atteints d’angoisse des mathématiques ont de moins bons résultats en mathématiques.
Il se peut que certaines méthodes d’enseignement soient impliquées comme facteurs de risque (Ashcraft, 2002). Face à des enseignants qui exigent beaucoup d’exactitude, mais fournissent peu de soutien cognitif ou motivationnel pendant les cours, les élèves peuvent se sentir vulnérables en public et éprouver de la gêne à demander de l’aide durant les cours de mathématiques.
Les effets de l’anxiété liée aux mathématiques :
En situation d’évaluation, le sentiment d’anxiété s’installe dès la lecture de l’énoncé d’un exercice. Les ressources cognitives sont alors orientées vers la nervosité générée avec d’importantes difficultés à désengager l’attention de cette charge émotionnelle. La mémoire de travail devient donc indisponible pour traiter la tâche de résolution de problème.
L’anxiété liée aux mathématiques interagit avec des variables telles que l’auto-efficacité ou la motivation en mathématiques. Les élèves fortement anxieux vis-à-vis des mathématiques ont tendance à éviter cette discipline. Cet évitement limite leur compétence mathématique à l’école et restreint les opportunités quand ils doivent choisir une orientation scolaire puis professionnelle.
Lutter contre l’anxiété des mathématiques, c’est possible.
Ainsi pour réussir en mathématiques, il est essentiel de travailler dans un environnement serein.
L’aide contre l’anxiété liée aux mathématiques peut être offerte à différents niveaux : par les établissements d’enseignement, par les enseignants et un changement d’approches pédagogiques, par les parents ou par la personne touchée.
Lors de mes accompagnements en Mathématiques, je prends soin d’écouter les difficultés rencontrées et comment elles se traduisent, puis je fixe avec l’élève un objectif raisonnable.
Avant de démarrer l’enseignement en lui-même, je prends le temps d’évaluer le niveau d’anxiété et la motivation.
Le travail préliminaire et indispensable consistera donc à libérer les ressources cognitives, (re)donner confiance et (re)mettre en situation de réussite.








